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Covid-19 au quotidien

Updated: May 2

29 avril 2020 – L’ouragan Katrina bis ?


Au journal télévisé de la chaîne locale Fox8, des reporters interrogent des acteurs économiques de la Nouvelle-Orléans. Quelques patrons de petits restaurants de quartier montrent qu’une certaine inquiétude de l’avenir semble maintenant tourner à une possible grogne. Un mécontentement qui pourrait rappeler les conséquences désastreuses après la débâcle ayant suivi le passage de l’ouragan Katrina le 29 août 2005. Eh oui ! Bientôt 15 ans se sont écoulés depuis la catastrophe qui avait ravagé les états du Golfe du Mexique. Personne n’a oublié ici que la « cité croissant » comme ses habitants la surnomme, avait été sévèrement touchée. Mais le monstrueux ouragan a aussi fait trembler tout le pays qui devait s’atteler à éponger 125 milliards de dégâts et subir des répercussions qui se font encore sentir aujourd’hui…


Le gouverneur John Bel Edwards vient de prolonger l’ordre de confinement jusqu’au 15 mai prochain. 2 semaines supplémentaires sont ajoutées à une crise sanitaire et économique sans précédent. Les cas déclarés sont en nette régression et la fameuse courbe mise en exergue depuis la mise en place des restrictions et du verrouillage de tout un pan de l’économie, s’est considérablement affaissée. Pourtant, le gouverneur de Louisiane a jugé que tous les critères nécessaires au redémarrage progressif des activités génératrices de revenus et d’emplois n’étaient pas encore réunis. Cependant, pour aider notamment la restauration et les petites entreprises qui en vivent, John Bel Edwards consent à entrebâiller une issue de secours à ceux qui risquent de mettre la clef sous la porte ou qui ont pris des dispositions pour répondre aux nouvelles normes sanitaires et de distanciation sociale. Les terrasses de ces établissements pourront accueillir des clients sans qu’ils soient servis directement. Après avoir commandé leur menu au comptoir, ils auront à déléguer un convive pour ramener à leur table extérieure les plats préparés en cuisine et posés sur le comptoir afin de limiter les déplacements intempestifs comme on avait l’habitude de le voir auparavant.

Le gouverneur de Louisiane John Bel Edwards s'exprime chaque jour sur l'évolution de la crise et les critères de sortie.

C’était en définitive une mise à l’épreuve largement acceptée dans la communauté. Certains ont même déclaré ne pas être encore tout à fait prêt à cette phase transitoire, préférant attendre l’expiration de la nouvelle date butoir. D’autres saluant cette autorisation qui permettrait de faire face aux factures accumulées et de conserver l’espoir de pouvoir rester ouvert. Seulement, les choses se sont compliquées avec une ordonnance de madame le maire de la Nouvelle-Orléans. Hors de question d’ouvrir des tables en terrasse jusqu’à nouvel ordre. La sauce ne peut pas prendre aussi facilement que les pouvoirs publics le pensaient. La réglementation s’allège dans les villes périphériques. Les restaurateurs caressent l’espoir d’accroître enfin leurs maigres revenus actuels. Des officiels de la commune voisine commentent le fait de créer une disparité au sein même de l’état de Louisiane risque de poser plus de problèmes que de résoudre les difficultés. Pourquoi ne pas entrer dans la phase préliminaire de réouverture de certains commerces en péril pour satisfaire les critères d’une région éloignée au nord qui continue de voir le nombre de personnes infectées par le virus perturber les statistiques générales ? Il y a en effet peu de chance qu’un résident de Monroe - une région qui continue de voir une augmentation des cas déclarés dans les hôpitaux - prenne son véhicule, roule 4 heures à travers tout l’état, pour venir s’installer à la terrasse d’un restaurant de la Nouvelle-Orléans… et repartir chez lui après son repas.


Beaucoup s’étaient faits à l’idée du 1er mai. 2 semaines de plus ne poseront pas de problème majeur à ceux qui ont su être fourmi ou ont diversifié leur investissement. 2 mois au ralenti ou en vitesse réduite ne met pas leur affaire ou leur entreprise en faillite. Mais il y a tout ceux qui marchent sur la corde raide avec leur restaurant ou leur commerce unique sans possibilité de faire des prévisions sur l’avenir.


Certains pensent toujours à ce que l’ouragan Katrina a laissé dans son sillage meurtrier et dévastateur. Étrange coïncidence… Grâce à la crise du Covid-19, Ray Nagin, l’ancien maire de la Nouvelle-Orléans pendant l’après Katrina, vient d’être relâché de prison avec 3 ans d’avance. Il avait écopé de 10 ans d’emprisonnement ferme pour fraude, blanchiment d’argent, pots-de-vin et autres escroqueries sur le dos du contribuable et du gouvernement. Il n’aura servi ainsi que 56% de sa sentence. Le spectre des abus de pouvoir s’agite de nouveau à mesure que la crise sanitaire perdure et que les pièges inévitables des procédures de la réouverture d’une économie fragilisée commencent à se mettre en place sur le net, dans les agences en charge de la redistribution des aides financières, et dans les têtes de tout ceux qui ont tenté et tenteront encore de profiter de la situation…

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