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Little Richard : La Nouvelle-Orléans l’a rendu célèbre.

Michelle Obama tweetait à l’annonce du décès de l’artiste ce 9 mai 2020 : « Avec son exubérance, sa créativité et son refus de n’être rien d’autre que lui-même, Little Richard a jeté les bases de générations d’artistes à suivre. Nous avons de la chance de l’avoir eu ». Pour Mick Jagger, « Il a été la plus grande source d’inspiration de mon adolescence et sa musique a toujours gardée la même énergie électrique brute. Quand nous étions en tournée avec lui, je regardais ses mouvements tous les soirs et j’apprenais de lui comment divertir et engager le public. Il a tant contribué à la musique populaire ». Et Elton John d’ajouter : « Sans aucun doute — musicalement, vocalement et visuellement — il a été ma plus grande influence. Le voir a été l’événement le plus excitant de ma vie. Les premières secondes de Tutti Frutti sont les plus explosives de l’histoire de la musique. J’ai eu la chance de travailler avec lui pour mon album Duets en 1993. Il était timide et drôle et j’étais tellement nerveux ».

Parmi la pléiade de réactions à l’annonce de sa mort, il n’était pas possible d’omettre ces deux natifs de Louisiane. « Quelle légende ! » s’exprimait l’actrice Reese Witherspoon née à la Nouvelle-Orléans en 1976. « C’est avec un cœur lourd que je demande des prières pour la famille de mon ami de toujours et compatriote Rocker Little Richard. Il vivra toujours dans mon cœur avec son talent incroyable et son amitié ! Il était unique en son genre et il me manquera beaucoup. Que Dieu bénisse sa famille et ses fans. Repose en paix, mon ami », a déclaré Jerry Lee Lewis, cette autre légende du rock and roll originaire du petit village de Ferriday en Louisiane.


Pour Little Richard, la route vers la célébrité musicale a littéralement commencé à la Nouvelle-Orléans. Ce pionnier du rock and roll, qui vient de disparaître à l’âge de 87 ans, y a enregistré son premier succès et probablement le plus connu de tous, Tutti Frutti. Cette chanson inoubliable trouve sa source au légendaire studio d’enregistrement de Cosimo Matassa sur North Rampart Street, entre le quartier de Trémé et le Vieux Carré, non loin même du lieu de naissance du Jazz. Little Richard enregistra plusieurs de ses premiers succès au studio de Matassa : Good Golly, Miss Molly, Long Tall Sally, Slippin' and Slidin', et Ready Teddy. « La Nouvelle-Orléans est une ville d’inspiration pour moi. Tous mes succès ont été produits là-bas », déclarait en 1993 Little Richard dans une interview au magazine Offbeat.


Cosimo Matassa, décédé en 2014, a été honoré par les Grammys et le Rock & Roll Hall of Fame pour son rôle dans l’enregistrement des grands noms du rock and roll à ses débuts et sa diffusion du rhythm & blues. Il a lancé la carrière d’artistes comme Fats Domino, professeur Longhair, Roy Brown, Lloyd Price, Dr John, Irma Thomas et bien d’autres. « Nous avons toujours eu environ deux ou trois bonnes prises sur les chansons de Little Richard, » déclarait Matassa. « On voulait obtenir la meilleure prise possible, ... surtout pour Richard parce qu’il était exigeant. Nous pensions qu’on pouvait faire toujours mieux, donc la plupart du temps, ces séances étaient longues et élaborées ». De son vrai nom Richard Wayne Penniman, Little Richard s’est également produit au Dew Drop Inn, le légendaire club de la Nouvelle-Orléans des années 1950 et 1960 réservé aux artistes noirs. Aujourd’hui dans l’attente d’un investisseur, ce lieu est reconnu comme le club le plus important et le plus influent dans le développement du rhythm & blues dans la ville à cette époque.


Richard avait décroché son premier contrat d’enregistrement avec RCA en 1951, mais le vrai succès n’était toujours pas au rendez-vous. Quatre ans plus tard, il sera amené à la Nouvelle-Orléans par le producteur de disques Bumps Blackwell de Specialty Records pour une session d’enregistrement.


Les origines de Tutti Frutti ont été longtemps dissimulées. La version originale de Richard était très crue. Elle sera expurgée des références sexuelles les plus risquées pour l’époque et réécrite en partie par Dorothy LaBostrie. Dans sa rubrique nécrologique, le New York Times évoque encore ce 9 mai 2020 cette « chanson rauque sur le sexe, ses paroles épurées, mais son sens toujours aussi évocateur ». Après que Little Richard ait interprété sa version de Tutti Frutti au Dew Drop Inn, Blackwell avait insisté pour que Richard enregistre la chanson chez Cosimo Matassa. Dorothy LaBostrie s’attela à réécrire les paroles pour un public plus large. Elle a affirmé l’avoir fait en seulement 15 minutes. C’est ainsi qu’en 1956 cette chanson débarqua comme une bombe dans le Top 40, explosant les radios et les platines à travers le pays. Et l’inoubliable « wop-bop-a-loo-bop-a-lop-bam-boom” resta à jamais gravé dans la mémoire collective.


« C’était très risqué à l’époque. Nous avons dû changer certaines des paroles pour la rendre plus appropriée pour la radio », a déclaré Little Richard dans une interview du Times-Picayune en 1995. Et d’ajouter : « Nous étions très polis et discrets par rapport à la musique d’aujourd’hui. C’était différent de tout ce que j’avais entendu dans ma vie. J’avais adopté un style différent. Je ne m’en suis pas rendu compte ». Un million de ce titre étrange furent vendus l’année suivante. Richard faisait une entrée fracassante dans l’industrie du disque. Lorsque le tube de Little Richard a été interdit par de nombreuses stations de radio consacrées à la communauté blanche, des artistes blancs comme Pat Boone et Elvis Presley ont repris cette chanson qui franchit les barrières de la ségrégation raciale.


Richard s’était produit au New Orleans Jazz and Heritage Festival en 1994 et fit d’autres apparitions en ville. Il a souvent cité Fats Domino et d’autres icônes de la Nouvelle-Orléans comme ayant été des influences musicales clés dans sa carrière. « Fats m’a influencé en tant qu’artiste, point final. Je l’aimais », a-t-il déclaré au magazine Rolling Stone en 2017 après la mort du légendaire Fats Domino. « Il pouvait faire parler un piano ».


30 mai 2009 : retrouvailles des 2 vieux copains à la Nouvelle-Orléans.

Dans l’interview de 1993 avec Offbeat, Little Richard, qui a été intronisé au Louisiana Music Hall of Fame, a mentionné son amour pour la ville de la Nouvelle-Orléans. « C’est une ville tout à fait unique, une ville de rock and roll, une ville de jazz, ainsi qu’une ville de rhythm & blues. La Nouvelle-Orléans est une palette musicale, et, selon moi, la capitale de la musique. Je l’ai toujours considérée en tant que telle, et je le ferai toujours ».


Aujourd’hui encore, le nom de Little Richard apparaît sur la plaque commémorative apposée sur la façade du premier studio d’enregistrement de Cosimo Matassa.

Que serait cette ville sans la musique ?

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